L’occasion de se rappeler du nom du journaliste et fondateur de Haratch, qui fut l’une des figures déterminantes d’une époque durant laquelle le centre intellectuel de la diaspora arménienne se nichait dans une poignée de petites rues parisiennes...
Dans les années 1930 et jusqu’après guerre, les crieurs publics vendaient Haratch dans les rues du “quartier arménien” du IXe arrondissement de Paris. On pouvait aussi y croiser Schavarch Missakian qui, une fois son journal mis sous presse, allait prendre un café dans le restaurant de la rue Cadet où le portrait d’Antranig, héros de la résistance arménienne, côtoyait celui d’Ochagan, célèbre écrivain arménien. Dans la rue Richer, il y avait alors l’imprimerie Topalian. Deux librairies, celle des Barsamian et celle des Balouian, le siège du journal Zvartnots, celui du rédacteur en chef du journal Arévmoudk, l’appartement de Chavarch Nartouni - un écrivain de la nouvelle génération de Haratch.
Le IXe arrondissement a ainsi été le point d’ancrage d’une génération qui aurait dû se perdre, mais qui a perduré. Une de ses figures les plus marquantes, Schavarch Missakian, subsiste encore aujourd’hui à travers son journal, Haratch, repris par sa fille Arpik Missakian et envoyé chaque jour dans près de 2 000 foyers arméniens à travers le monde.
L’exposition du Nor Seround, parrainé par la mairie du IXème, permettra de suivre l’itinéraire de l’intellectuel dans le Constantinople de l’avant-1915, la clandestinité, le retour puis le voyage en 1ère République d’Arménie, et enfin l’exil, avec son arrivée à Paris où va se mettre en place un véritable quartier arménien - intellectuel, mais aussi commerçant -, l’aventure Haratch - qui a été sa grande œuvre - et la tentative, par une nouvelle génération d’écrivains, d’y créer un mouvement littéraire arménien « hors-sol ».
La F.R.A. Nor Seround, le mouvement qu’il avait créé dans le but de passer le témoin de la culture et de la cause arménienne aux générations futures, est toujours présent dans le IXe arrondissement où il est partie prenante de la vie de la cité. C’est pourquoi celui-ci s’associe aujourd’hui à la Mairie du IXe arrondissement de Paris dans l’hommage qui lui est rendu pour marquer sa reconnaissance à travers cette exposition, s’acquittant ainsi d’une infime partie d’une dette que les arméniens de diaspora devront éternellement à Schavarch Missakian.
Mairie du 9ème arrondissement
6, rue Drouot
75009 Paris
Métro : Richelieu - Drouot