Madame Michèle ALLIOT-MARIE
Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer
et des Collectivités territoriales
Place Beauveau
75008 PARIS
Réf. : 2008/CCAF/Pst-001
Paris, le 7 janvier 2008
Madame le Ministre,
Lors de la messe solennelle de Noël, hier matin, la Cathédrale Arménienne de la Rue Jean-Goujon, a été la cible d'une alerte à la bombe reçue par le Commissariat de Police du huitième arrondissement de Paris. Comme vous le savez sans doute, cette messe de Noël est la première célébrée par Mgr Norvan Zakarian, récemment élu Primat du Diocèse Arménien de France.
Cette alerte fait suite à de nombreux actes d'agression ou d'intimidation dont font également l'objet, depuis plusieurs mois, des responsables d'organisations arméniennes tant en France que dans d'autres pays européens notamment en Belgique et en Allemagne. Il est donc de notre devoir de faire le lien avec les menaces émanant des milieux nationalistes turcs, qui sont souvent les relais d'un Etat qui continue à nier la réalité du génocide arménien et qui appellent à des actions contre les lieux de culte et les édifices arméniens (écoles, associations...). Votre Cabinet ainsi que les Préfets de Paris, du Rhône, des Bouches du Rhône, de la Drôme ont été à plusieurs reprises informés de nos inquiétudes et force est de constater qu'aucune mesure conséquente ne semble avoir été prise ni pour interdire les organisations nationalistes turques qui agissent sur notre territoire, ni même pour protéger les églises et écoles arméniennes. A quelques jours des cérémonies de commémoration de l'assassinat à Istanbul de Hrant Dink, journaliste arménien, ce climat ne manque pas d'inquiéter les citoyens français d'origine arménienne.
C'est pourquoi, il nous parait hautement souhaitable que lors d'un entretien, vous puissiez nous préciser les dispositions qui pourraient très rapidement être prises pour à la fois assurer la protection des bâtiments concernés et pour interdire les organisations turques qui agissent en toute impunité, en désignant comme « personnes à éliminer » plusieurs de nos responsables d'organisations, de médias, ainsi que des historiens et des intellectuels.
Je vous remercie pour toute l'attention que vous voudrez bien porter à la présente et dans l'attente de votre réponse, je vous prie de croire, Madame le Ministre, à l'assurance de ma haute considération.
Alexis GOVCIYAN